L'histoire vélorutionnaire se décline en quelques étapes, très compliquées, beaucoup discutées encore aujourd'hui ! (donc très longues à résumer, à commenter, etc.). Mais, pour les plus acharné-e-s, voici une opinion (sinon venez nous rencontrer aux ateliers et garages volants !) :

“En 2001, les cyclistes n'étaient pas nombreux et joyeux dans Toulouse, une association-vélo incapable d'aider concrètement les cyclistes, des mourroirs prétendument « cyclables » par dizaines de kilomètres de coup de peinture sur les trottoirs et les chaussées, au gré des morts et blessés cyclistes et des piétons et des empoisonneurEUSEs… Des artisans de moins en moins nombreux réparaient les vélos, la plupart des commerçants ne s'abaissant pas à changer une pièce mais plutôt à essayer de vendre un vélo à la con, prenant les cyclistes pour des “pigeons” à plumer… La quasi-totalité des cyclistes ne savaient plus -ou à peine- comment réparer une crevaison, alors de là à imaginer qu'ils puissent régler un dérailleur ou une frein… Sans compter les vols qui causaient beaucoup d'abandons et de démotivations ! Bref, la catastrophe automodébile avait atteint son paroxisme en même temps que le pic pétrolier, à la veille d'une nouvelle guerre du pétrole dans un pays déjà ravagé par la dictature politique et l'obscurantisme religieux…

De ce constat bien triste, il fallait remettre les choses à plat et, sans une révolution profonde des pratiques et consciences, nous verrions aujourd'hui Decathlon et Decaux comme seuls acteurs majeurs de ce marché de dupe des commerçants qui squattent les élu-e-s et les subventions, en manipulant les associations et écrasant les collectifs alternatifs (expulsions, vols, menaces et intimidations, procès, prisons, etc.)

D'où la nécessité d'une Vélorution !, qui redonne des ailes aux cyclistes mais aussi de la culture, du savoir, de la sécurité, de l'envie, du travail, des activités sociales, en faisant fi de la légalité et en se basant sur la légitimité de nos moyens pacifiques mais pas con, faut pas éxagérer !. En juin 2002 la Vélorution est créée à l'occasion de la rencontre de quelques bricoleurEUSEs dans la cave d'un fameux et splendide squat toulousain, le “Clandé”, ancien bordel et maison bourgeoise du quartier des Chalets.

L'atelier vélorutionnaire démarre sans fanfare ni trompette, s'enrichit de nombreuses bicyclettes et d'une centaine d'adhésions en quelques mois grâce au bouche-à-oreille et quelques tracts ou affiches rocambolesques, dérangeantes, percutantes… Un second atelier vélorutionnaire voit le jour en septembre 2002 rue des Bûchers, quelques semaines seulement car il est vite abandonné avant l'expulsion d'une maison-destruction-construction d'une bouse en béton habituelle… Mais les habitantEs du quartier St Michel saluent l'initiative faisant don de vélos, de pièces, d'outils et multiples partages et victuailles !

Basée toujours au “Clandé”, l'association a commencé à occuper les marchés de la ville avec ses garages volants, pour être encore au plus près des cyclistes et dans un cadre plus agréable d'échanges de savoirs-faires et outils avec fruits, légumes, jus, etc. Tout à tour seront conquis St Sernin en novembre 2002, St Aubin depuis décembre 2002, St Cyprien, Cristal (en face de Décathlon), Capitole, Arnaud Bernard, plus les nombreux festivals et rencontres à Toulouse et pas encore partout ailleurs !

L'atelier du Clandé déménage le temps d'une expo à MiX Art Myrys en mai 2003, squat encore artistique, avant d'aller se poser au coeur du quartier de Fontaine Lestang, 33 rue d'Auch, dans une petite maison, un joli jardin et quelques appentis de travail. Il y reste jusqu'en septembre 2004, expulsé suite à une éclatante affaire de yaourts, traversant la voie lactée s'écrasant sur la bagnole rugissante du sinistre de l'intérieur à l'époque, un certain Nicolas et arrêtant tout le convoi… 9 mois fermes au final ! L'atelier de la rue d'Auch a permis aussi d'accompagner le lancement de l'atelier vélo du Zinc (https://www.asso.ups-tlse.fr/~webzinc/wiki/moin.fcg/AtelierVeloDuZinc/Pr%C3%A9sentation), en septembre 2004 sur le campus de Rangueil, qui acquiert lui aussi très vite un engouement de plusieurs centaines d'adhésions en quelques mois. L'aventure continue encore aujourd'hui entre nos deux associations, par les adhésions croisées à l'une ou l'autre association, et permettant l'accès aux 2 ateliers. Avec le réseau francophone des ateliers vélo participatifs et solidaires depuis 2012, “L'Heureux Cyclage”, cette aventure concrètement solidaire continue et s'amplifie aux membres des 70 ateliers vélos francais pouvant accéder aux ateliers toulousains du réseau. En 2014, la Maison Du Vélo a rejoint L'Heureux Cyclage, en étendant son accès aux membres des autres ateliers locaux.

Expulsé en septembre 2004, les vélorutionnaires assurent 4 garages volants par semaine, puis l'atelier vélorutionnaire réapparaît à Mix-Art Myrys en juin 2005, rue Ferdinand Lassalle, les Vélorutionnaires participent activement durant 5 ans au relogement du prétendu « collectif » d'artistes, coincé dans deux semi-remorques posés sur le parking en bord de rocade, face à tous les intempéries et nuisances. Les collectivités locales continuent de refuser de répondre aux demandes de l'association : - un local correct pour les cyclistes et leurs ateliers associatifs, participatifs et solidaires. - le partage équitable des récups de vélo entre les recycleurs, - la concertation des associations d'usagers, donc des ateliers/recycleries.

Pour fêter la libération du yaourteur, les vélorutionnaires organisent une nouvelle rencontre européenne d'ateliers vélo, la première en France, et les vélorutionnaires participent activement à la création du réseau de L'Heureux Cyclage, réseau francophone des ateliers de vélo, qui regroupe les ateliers-vélo participatifs et solidaires, des associations et particuliers soucieux d'oeuvrer au développement harmonieux de la bicyclette, très loin de la barbarie routière toujours existantes.

En décembre 2008, la nouvelle mairie bobo-coco-dodo-socialo nous propose un T2 au 3è étage au Mirail, en guise d'atelier/Recyclerie pour des centaines de cyclistes et tous les véhicules de l'association, “proposition” que nous refuserons poliment, malgré les paires de baffes qui se perdent… A l'époque, la ville reconnaît 20,000 logements vides et des centaines de milliers de m² d'entrepots, de hangars, de bureaux, eux aussi vides… Alors que quelques centaines de personnes (sur près d'un million) et de nombreuses associations, collectifs, activités professionnelles ou non, sont à la rue jour et nuit…

En mai 2010, l'association trouve un nouveau lieu : squatté dans les années 1950 sur un chemin communal, devenu 30 ans plus tard la propriété du squatteur (avec quelques complicités municipales de l'époque…), où fut construit sans permis de construire des hangars devenant garage, garde-meuble, atelier de peinture, etc. avant de redevenir totalement abandonné… La nouvelle majorité, “socialiste tendance gauche poubelle”, arrivée en mars 2008 continue les expulsions de logements et lieux d'activités, comme tant d'autres “promoteurs-destructeurs”. Et elle achète grave des terrains pour y construire des “logements sociaux” pas du tout sociaux, tout en entassant… L'ex-squatteur devenu propriétaire vendant son terrain et les bâtiments pour une bouchée de pain (500.000€/2000m² au bord du centre-ville de la quatrième ville du pays !) la mairie l'achète ! Vide depuis des années, les vélorutionnaires décident donc de réquisitionner une partie en le squattant, au 6 rue bénezet, quartier St Cyprien Croix-de-pierre !

Une pétition est signée en quelques mois par près d'un millier de personnes : les voisins, les cyclistes, les amiEs, etc. et les vélorutionnaires vont aussi aller squatter les espaces des prétendus « débats publics » entre la mairie et les citoyenNEs, en allant par exemple squatter le conseil municipal en novembre et décembre 2010 et les cérémonies de vœux en janvier 2011. La stratégie d'occupation tous azimuts pour le local paye puisqu'en juin 2011 l'association signe un bail précaire avec la mairie. Bail que nous honorons parfaitement puisque les activités de l'association ne semble créé depuis près de 5 ans plus aucune plainte ou poursuite…

A partir de juin 2012, la mairie donne sans concertation le monopole de la récup des vélos en déchetterie à une association presque inconnue, la Glanerie, alors que les vélorutionnaires réclament 3 seules et uniques choses depuis des années : 1- des locaux pour les ateliers, 2- TOUS les vélos jetés récupérés par les ateliers et les artisans concernés, 3- la concertation indispensable des cyclistes et leurs représentant-e-s pour tous les projets locaux liés à la petite reine.

En juillet 2012, la mairie fait expulser L'atelier du Sloli, au faubourg Bonnefoy, sans reloger ni les habitantEs ni l'atelier vélo nid'autres activités. Le 2 août 2012 la mairie rompt brutalement le bail de la Vélorution sans répondre aux différentes propositions formulées par l'association et sans avoir proposé l'ombre d'une solution pour la recyclerie vélorutionnaire et de toutes ses activités utiles et indispensables. Par décision unanime de l'assemblée générale extraordinaire le 28 août 2012, l'association décide de rester dans les locaux et d'affronter la mairie devant les tribunaux s'il le faut pour obtenir des locaux corrects pour les ateliers participatifs et solidaires toulousains. En septembre, lors du prétendu « débat public » de la semaine de la mobilité, l'adjoint-vélo menace les vélorutionnaires d'expulsion, quelques jours plus tard le maire au conseil municipal fait de même à mots à peine couverts, Tout en continuant d'attaquer et soutenir les expulsions de précaires et squatteurs. En décembre 2012, durant une semaine, le torchon local surnommé “la détresse du midi”, sous le contrôle direct du commissaire divisionnaire Laurent Syndic, calomnie publiquement et en toute impunité les vélorutionnaires, squatteurEUSEs, militant-e-s défendant activement la ZAD de Notre Dame Des Landes au nord de Nantes !

L'atelier vélorutionnaires regroupe aujourd'hui une collégiale de 6 personnes, 3 ou 4 salariéEs suivant les saisons et quelques dizaines de bénévoles et militantEs, en plus des 700 adhérentEs annuels, des milliers de sympathisantEs locaux grâce aux adhésions croisées (3 ou 4000…). Les vélorutionnaires mettent en oeuvre les récups, les échanges et les services entre associations, artisans et cyclistes, dans une intégrité éco-logique que nous espérons chaque jour plus grande.

En janvier 2013, les vélorutionnaires apprennent brutalement la suppression de notre récup auprès de la police municipale, bien sûr sans nous en avertir et sans fournir de motif. On avait cette récup en suivant le parcours administratif normal…

Dans les 6 derniers mois de 2012, la mairie a donc coupé toutes les récups de l'association, a refusé notre présence comme celle des autres associations, des artisans et commerçants dans toutes les réunions de concertation et de démocratie locale réelle, concernant le vélo… En clair, la mairie continue de couper les ailes des cyclistes et se prépare à nous attaquer, en multipliant les escarmouches, coups bas, attaques… Sans perdre leur sang-froid et leur patience déterminée, les vélorutionnaires continuent leurs activités, tout en réclamant pacifiquement et publiquement les 3 mêmes choses qu'au tout début de l'ère vélorutionnaire…

La stratégie “diplomatique” s'avère payante puisqu'une seconde proposition concrète de local de la mairie est proposée et visitée par les vélorutionnaires en juin 2013 : moins de 250 m² dont une chambre froide de 50 m², une hauteur sous plafond inférieure à 4m (donc un stockage en hauteur quasi-impossible), des murs de séparation, pas d'espace extérieur, aucune visibilité sur la rue, très à l'écart du centre-ville et des possibilités de récup, une prise électrique et aucun point ou évacuation d'eau, aucune condition favorable pour effectuer des récups de vélo et toujours aucune concertation sur les aménagements cyclables… En clair, la mairie nous a proposé un caveau funéraire et souhaite qu'on s'euthanasie… Le lendemain, lors d'un simulacre de “débat public” sur “la politique cyclable de la ville de Toulouse”, l'adjoint vélo et une partie des membres de l'association vélo-bobo-dodo enverront les flics contre les vélorutionnaires faisant des remarques et posant des questions trop dérangeantes…

Les vélorutionnaires tiennent tête, avec l'été 2013 la majorité municipale prend conscience que les élections approchent… Et de notre côté nous ne chômons pas : l'atelier voit de nouveaux équipements arriver pour trier, ranger, stocker annuellement les quelques centaines de vélos, les milliers de pièces que nous récupérons par/pour nos adhérent-e-s et le bouche-à-oreille ; par ailleurs, une nouvelle collégiale a pris le relais des ancien-ne-s ; encore il y a eu en 2013 l'équivalent d'un mi-temps salarié, en 2014 cela monte encore ; quant à la mairie et certaines autres associations elles ont finalement accepté que les vélorutionnaires prennent la place qu'ils méritent au sein du paysage cycliste, avec une nouvelle convention signée avec la police municipale et des projets avec d'autres services publics locaux.

Après plus de 10 années difficiles, le nouvel atelier a accueilli en février 2014 les 6è rencontres de L'Heureux Cyclage, réseau francophone des ateliers-vélo, avec un joli souci d'organisation mis en œuvre par toutes les équipes dans ou proches de la Vélorution pour accueillir les 70 ateliers du réseau, sur la bonne centaine existants, en tout plus de 200 participant-e-s actifs-ves…

Depuis le 30 mars 2014 et jusqu'au 7 octobre, la nouvelle majorité municipale ne nous a pas contacté ; nous n'avons d'ailleurs pas eu beaucoup le temps vu le nombre grandissant d'adhérent-e-s et de travaux engagés, cela toujours sans demander la moindre subvention publique, même si ça nous démange parfois (un Vélodrome et un vrai pôle d'innovations vélocypédiques !). Le 7 octobre nous recevons une sommation de déguerpir avant le 22 octobre, nous écrivons au maire et nous répond un mois plus tard en levant provisoirement toute menace de procès et d'expulsion. Quant au soi-disant « progrès » que constituerait une seconde rocade automodébile ainsi qu'une troisième ligne/gouffre de métro/financier, à la place des 41 lignes de tramways et centaines de milliers de cyclistes qui existaient il y a moins d'un siècle et du chemin politique qu'il faudra pour nous redonner les mêmes capacités d'auto/vélo suffisance, c'est encore à écrire… »

 
qui_sommes_nous/historique.txt · Dernière modification: 2015/01/03 23:11 par collegiale     Haut de page
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